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Procès du sénateur Stéphane Ravier pour un emploi octroyé à son fils : des peines de prison avec sursis et d’inéligibilité requises

Thomas Ravier avait été embauché comme vacataire aux espaces verts de la Ville de Marseille, puis titularisé. Son père, élu Reconquête ! des Bouches-du-Rhône, est jugé pour prise illégale d’intérêts du temps où il était le maire (à l’époque Front national) des 13ᵉ et 14ᵉ arrondissements de la cité phocéenne.

Par  (Marseille, correspondant)

Publié le 18 avril 2024 à 00h35, modifié le 18 avril 2024 à 09h33

Temps de Lecture 3 min.

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Le sénateur (Reconquête !) des Bouches-du-Rhône Stéphane Ravier, à Palavas-les-Flots (Hérault), le 17 avril 2024.

L’embauche de son fils comme vacataire à la ville de Marseille aura-t-elle raison de la carrière politique du sénateur (Reconquête !) des Bouches-du-Rhône Stéphane Ravier ? Une peine de douze mois de prison avec sursis, une amende de 20 000 euros, mais surtout l’application de la peine automatique d’inéligibilité pendant cinq ans ont été requises, mercredi 17 avril, contre l’élu qui réfute toute intervention au bénéfice de son enfant.

En juillet 2015, Thomas Ravier, alors âgé de 20 ans, est sans grand diplôme et au chômage depuis deux ans. Il enchaîne les petits boulots de livreur ou travaille à l’occasion sur les chantiers, lorsqu’il se décide à pousser la porte du service recrutement de la municipalité marseillaise. « On m’a dit que la ville embauchait l’été, j’y suis allé et on m’a rappelé », raconte le jeune homme, recruté pour un mois comme vacataire aux espaces verts puis renouvelé jusqu’en 2020, date de sa titularisation, et aujourd’hui encore chargé de l’entretien du boulodrome de Sainte-Marthe. « J’ai été embauché et traité comme un citoyen normal, je n’avais pas d’arrangement », soutient-il au tribunal, qui le juge pour un recel de la prise illégale d’intérêts dont répond son père du temps où celui-ci était le maire (à l’époque Front national, l’ancien nom du Rassemblement national) du 7e secteur, qui regroupe les 13e et 14arrondissements de Marseille.

L’enquête dans cette affaire avait commencé par un courrier adressé au procureur de la République le 2 décembre 2021 par l’Agence française anticorruption pour dénoncer une pratique d’« emplois familiaux » au sein de la municipalité marseillaise. Stéphane Ravier reconnaît qu’il « a pu faire savoir à [s]on fils qu’il y avait sans doute du travail dans le [secteur] public. Il avait le droit lui aussi de postuler ».

Mais, questionne le procureur, Mathieu Vernaudon, « est-ce que vous pensez que tout le monde a accès au directeur de cabinet du maire de Marseille ? » Une allusion à la déclaration, durant l’enquête, de Claude Bertrand, historique homme de confiance du maire (Les Républicains), Jean-Claude Gaudin, et son directeur du cabinet de 1995 à 2020. Celui-ci a confirmé que Stéphane Ravier lui « avait parlé de la candidature de son fils ». « Pour connaître la procédure pour postuler, pas pour embaucher Thomas », affirme le sénateur Ravier.

Le directeur du cabinet avait donné des instructions pour que le fils de cet adversaire politique soit embauché. « C’est bien Stéphane Ravier qui a fait recruter son fils. Sinon, qui l’aurait fait ?, avait déclaré Claude Bertrand, assurant qu’aucune contrepartie n’avait été demandée. Je n’ai en aucun cas utilisé cette embauche comme un levier politique contre le père. » Le contrat d’embauche initial avait été signé par Jean-Claude Gaudin.

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