Aller au contenu

Condamné au silence

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Condamné au silence

Titre original The Court-Martial of Billy Mitchell
Réalisation Otto Preminger
Scénario Milton Sperling
Emmet Lavery
Acteurs principaux
Sociétés de production United States Production
(Milton Sperling)
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Durée 100 min
Sortie 1955

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Condamné au silence (titre original : The Court-Martial of Billy Mitchell) est un film de procès américain réalisé par Otto Preminger et sorti en 1955. Ce film s'inspire de l'authentique combat du général Billy Mitchell (1879-1936) pour que soit estimée, à sa juste valeur, l'importance de l'aviation moderne dans l'armée américaine.

Au cours des années 1920, le général Billy Mitchell entre en lutte avec l'état-major militaire qui, selon lui, sous-estime gravement le rôle futur de l'aviation. Il préconise même que l'aviation devienne une branche séparée à côté de l'U.S. Army et de l’U.S. Navy. En outre, il doit faire la démonstration que des avions chargés de bombes peuvent couler un cuirassé. Après un premier échec, Mitchell outrepasse les ordres de l'armée en exécutant une seconde tentative qui anéantit un cuirassé en quelques secondes. Il est bientôt rétrogradé () au rang permanent de colonel et transféré à San Antonio (Texas). Après avoir écrit de nombreux courriers aux autorités militaires, et essayé de rencontrer le général John Pershing, il apprend la disparition en vol, le 3 septembre 1925, de plusieurs de ses hommes (dont le commandant Lansdowne) à bord de l'USS Shenandoah, premier dirigeable rigide américain, placé sous le contrôle de la Marine et obligé d'affronter une tempête. Mitchell décide alors de convoquer la presse afin de dénoncer « l'incompétence et la criminelle négligence du ministère de la Guerre ». Il n'ignore pas que ces allégations le conduiront en Cour martiale. Il les soutient pourtant, afin de défendre publiquement son opinion sur l'extrême nécessité de moderniser l'aviation...

L'essentiel du film se déroule alors pendant les séances de la Cour martiale, à l'issue de laquelle Mitchell est condamné pour insubordination.

Fiche technique

[modifier | modifier le code]

Distribution

[modifier | modifier le code]

Acteurs non crédités :

Commentaire

[modifier | modifier le code]
  • « Esprit sceptique, exilé volontaire (...) Otto Preminger partage avec deux autres grands Viennois, Fritz Lang et Billy Wilder, une profonde méfiance à l'égard des valeurs et des systèmes établis. » (Olivier Eyquem, Dictionnaire du cinéma, Éditions Larousse) Ce qui ne le conduit pas, néanmoins, à rejeter les principes démocratiques américains. À travers l'attitude et le combat du général Billy Mitchell (Gary Cooper), nous reconnaissons, sans doute, la personnalité et les convictions profondes du réalisateur. Ainsi, lors d'un interrogatoire, Mitchell déclare, dans un accès de franchise, que « si être un bon soldat consiste à obéir passivement aux ordres quels qu'ils soient, sans réfléchir à leur contenu, il préfère ne pas en être un. »
  • Dès 1950, Preminger s'était intéressé au fonctionnement et au poids des institutions avec le remarquable Mark Dixon, détective (Where the Sidewalk Ends), mais ce film était, avant tout, le portrait d'un policier anormalement brutal et forcément antipathique.
  • Condamné au silence est, en réalité, le premier film totalement consacré à ce thème, mais c'est aussi un tournant dans l'œuvre du réalisateur. « Après une douzaine de drames essentiellement intimistes, plongeant dans le gouffre des cœurs et des âmes, (...) Preminger s'ouvre aux "grands" sujets à contenu historique, social ou politique. » (Jacques Lourcelles).
  • J. Lourcelles note, par ailleurs, que le format du film (le Cinémascope) « donnait à la mise en scène un naturel dans la solennité, une tranquillité dans le sublime, qui étaient ceux-là mêmes que Gary Cooper manifestait dans son jeu. » Celui-ci paraît être, effectivement, l'interprète idéal pour incarner le général Billy Mitchell. Son « jeu complètement vierge, sans métier et sans ruse (du moins en apparence) » (J. Lourcelles) illustre, de façon plausible, la droiture, l'absence de calculs et l'obstination du général Mitchell.

Article connexe

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]