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Révolution française au cinéma

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Photogramme de Quatre-vingt-treize, film muet réalisé par Albert Capellani d'après le roman éponyme de Victor Hugo.
Wade Crosby incarne Danton face à Richard Basehart (Robespierre), dans le film Le Livre noir d'Anthony Mann.

La Révolution française au cinéma concerne la période de l'histoire de France et des différents événements compris entre 1789 et 1799, et leurs traitements principalement dans les films historiques, mais aussi dans des adaptations de romans, dans des comédies depuis les premiers temps du cinéma muet jusqu'aux années 2010[1]. La filmographie de la Révolution française est importante, et est marquée par plusieurs œuvres notables dont le Napoléon d'Abel Gance, La Marseillaise de Jean Renoir ou le Danton d'Andrzej Wajda.

La Révolution française inspira les cinéastes dès les premiers temps du cinéma. À la fin des années 1890, pour rompre avec la série des reportages autour du monde qu'ils avaient produite jusqu'alors, les frères Lumière mirent en scènes des « vues historiques » autour des figures de l'histoire de France, dont la Mort de Marat et la Mort de Robespierre toutes deux en 1897. Au début des années 1900 la firme Pathé se lança dans de plus ambitieuses productions en faisant filmer une première biographie sur Marie Antoinette en neuf tableaux, et une Épopée Napoléonienne en quinze tableaux[2].

D'après le cinéaste Gérard Mordillat, les films consacrés à la révolution française tendent à adopter une vision plus favorable à la monarchie qu'aux révolutionnaires : « Il est évidemment plus flatteur de montrer le roi, sa femme, leur luxe, leurs costumes, leurs perruques, leurs banquets, leurs amours, que de s’intéresser à la population parisienne en haillons, crevant de faim, ou aux paysans les pieds dans la boue. Cette neutralité de façade — les deux camps sont représentés à l’écran — est un leurre pseudo-démocratique. Avec un résultat parfois paradoxal : le roi, la reine, sa famille, les nobles qui les entourent finissent par apparaître comme les victimes d’un peuple sanguinaire, sans cœur et sans âme. La fin étant connue (la guillotine pour le roi et la reine), il se crée une empathie naturelle envers les condamnés, et le public est implicitement convié à compatir au sort des malheureux Capet. (...) Le roi et les siens bénéficient à l’image du privilège de l’émotion. Un très grand avantage. Mais ce n’est pas tout. À l’écran, la parole est au roi, à la reine, aux ministres, aux courtisans ; au peuple les cris, les mots d’ordre, les vociférations, les chants de victoire[3]. »

Filmographie

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États-Unis

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Royaume-Uni

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Notes et références

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  1. « Encyclopédie | Cinéma & Histoire – Histoire & Cinéma », sur www.hervedumont.ch (consulté le )
  2. Icart 1989, p. 11.
  3. « La Révolution sans révolution », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)

Bibliographie

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  • Laurent Bazin, « D'une Dictature à l'Autre : Images Cinématographiques de la Terreur », Proceedings of the Western Society for French History, vol. 17,‎ , p. 198-204 (lire en ligne).
  • Jean-Claude Bonnet (dir.) et Philippe Roger (dir.), La Légende de la Révolution au XXe siècle : de Gance à Renoir, de Romain Rolland à Claude Simon, Paris, Flammarion, coll. « Cinémas-Flammarion », , 222 p. (ISBN 2-08-211407-4).
  • Sylvie Dallet, La Révolution française et le cinéma : de Lumière à la télévision, Paris, Éditions des Quatre-Vents, coll. « Le Cinéma et son histoire », , 240 p. (ISBN 2-907468-04-9).
  • Sylvie Dallet et Francis Gendron, Filmographie mondiale de la Révolution française, Éditions des Quatre-Vents, , 229 p. (ISBN 978-2-907468-07-7).
  • Roger Icart, La Révolution française à l'écran, Toulouse, Éditions Milan, , 175 p. (ISBN 2-86726-291-7).
  • Christian Delage, Révoltes, Révolution, Cinéma, Éditions du Centre Pompidou, (ISBN 978-2-85850-535-7).